Face à la menace de suppression de la sortie noctune, Pierrot Bergé propose de plonger dans l’obscurité le secteur de la place de la République, l’usage de la bougie dans les cafés.

Il agaçe beaucoup de monde dans le microcosme carnavalier Pierrot Bergé, alias le pape, sorte de Savonarole qui aurait têté avec Sardanapale au lait de la même nourrice, et dont le regard porté sur la tradition fait autorité. Qu’on le veuille ou non. Mais il agace et il est vrai que les occasions de se croiser ne manquent pas. Quelques bordées d’anathèmes mélangés à des confettis jetés à la tête de ceux qui selon lui menacent les fondements mêmes de carnaval, tiennent lieu d’expiation au bûcher des vanités.

L’hypothèse de la suppression de la sortie du soir de 22 h émis par le comité de carnaval pour cause d’absence de public l’a fait sortir de ses gonds:»C’est le moment où l’équipe se retrouve ensemble, pour faire carnaval en petit comité, dans une ambiance de recueillement. La présence du public n’est pas indispensable.Les sorties du matin et de l’après-midi sont faites pour cela. Entre autres». Bon prince, le récalcitrant qui dit comprendre l’évolution des mœurs, propose une autre version de la sortie nocturne, une sorte «d’ennuitement» du lieu: «La place de la République serait plongée dans l’obscurité le temps de la sortie, les cafés éclairés à l’aide de bougies; le service des entorches renforcé ouvrirait la marche explique-il enthousiate. Ca aurait une «gueule» terrible. Les gens viendraient peut-être alors sensibilisés par l’originalité du spectacle et surtout de l’ambiance à l’ancienne, et les carnavaliers y trouveraient leur compte.» Une formule ne nécessitant pas au premier abord d’investissement financier particulier. «Après tout renchérit-il,les boîtes de nuit ne font pas autre chose pour créer une ambiance».

Réunir les bandes pour la crémation

Sur sa lancée réformatrice, Pierrot Bergé, soulève deux ou trois questions relatives au fonctionnement de la fête reine. «Je pense qu’il serait souhaitable que l’ensemble des bandes du samedi et du dimanche soient réunies le jour de la crémation». Il va même plus loin quand il estime qu’»un seul comité est souhaitable avec droits et devoir égaux, la participation des bandes du samedi pour la sortie des toutes les bandes, ainsi qu’une représentation à la journée des Meuniers». Enfin histoire d’enfoncer le clou, Pierrot Bergé verrait d’un bon œil une durée de carnaval plus resserée avec des sorties de deux bandes du samedi et du dimanche à chaque fin de semaine. Quant aux goudils,«leur rôle c’est l’intrigue et la chine. Il en vaut mieux 3 de bon que 30 qui défilent».