Des documents historiques nous disent que les instruments utilisés au XVIIIème siècle étaient des violons, des tambourins, et des graïles, un instrument typiquement méditerranéen presque disparu de nos jours. Il est à anche double comme le hautbois mais beaucoup plus gros et puissant. Il y en avait d’ailleurs de différents registres, comme pour le saxophone actuel.

 

Si le regretté M. Beaumadier de Bouriège était là, lui qui a créé à Béziers un conservatoire de graïles qui jouent toujours aux joutes de Sète par exemple, il nous montrerait que ces instruments étaient accordés non pas selon la gamme que nous connaissons actuellement, mais selon la « Gamme de Pays ». Les graïles – et c’est un aspect très remarquable – divisent l’octave en douze intervalles comme nos instruments actuels de civilisation occidentale, mais ces intervalles sont plus ou moins grands par rapport à ceux d’aujourd’hui ! C’était l’oreille occitane !

Puis, bien sûr, comme dans tous les domaines, Paris a pourchassé et persécuté la civilisation occitane, et la musique n’a pas échappé à cette vigoureuse entreprise de démolition. Les instruments actuels se sont imposés. Depuis un bon siècle et plus,  l’orchestre de fécos est composé d’instruments à vent standardisés, avec beaucoup de cuivres, baryton, basses, contrebasses en cuivre, des trompettes qui ont remplacé les regrettés cornets à pistons depuis 40 ans, des trombones, mais aussi des clarinettes Sib, un tambour et une grosse caisse. L’instrumentation est donc sonore, car il ne faut pas oublier que ces musiciens jouent en plein air et sans sonorisation. A suivre...

 

Jean GARRIGUE 12-02-1987