La culture Limouxine inclut les fécos comme elle inclut la langue occitane. Au point que des paroles occitanes n’ont pas trouvé de meilleur support que des airs de fécos.

                                                                                                                                                              Avém votat, avém ganhat, avém un ase desputat,

       E per completar la vesta avém Beaumetz per cogasson

     E mai un parelh d’avesques per nos faire les sermons.

 

 

L’ORIGINE DES AIRS – « L’ESPRIT DE FECOS »

D’après les origines, on peut classer les airs en 3 catégories :

 

I - Des airs, très peu nombreux, parfois connus de toute l’Europe Méditerranéenne. Par exemple « Carnaval es arrivat » est également connu des Portugais et des Roumains !

 

II – LES EMPRUNTS

Certains 6/8 se prêtent plus ou moins à un savant traitement musical qui les transforme en « airs de fécos ». Les générations passées ont ainsi puisé dans des figures de quadrilles (les Lanciers) et même dans des hymnes nationaux (l’hymne de Riego). Mais c’est surtout dans les opérettes qu’on retrouve le plus d’emprunts. (Sophie, La Poupée, Gisèle, François les bas bleus, Gondoliers de Venise, Si j’étais Roi, La Fille de Mme Angot, Orphée aux enfers, l’Adjudant, Fra Diavolo, Belle Hélène…)

En effet, jusque vers 1925, Limoux avait son théâtre et ses musiciens qui jouaient tantôt au théâtre, tantôt aux fécos. Et comme le public était friand d’opérettes, nos musiciens ont transporté dans les fécos tous les passages d’opérettes qui s’y prêtaient.

Et c’est là que nous découvrons un phénomène des plus passionnants, c’est « l’esprit de fécos ». Prenons par exemple « La Poupée » de Audran, ou « si j’étais Roi » d’Adolphe Adam. Si les musiciens jouent dans le respect intégral des partitions écrites par Audran ou Adam, certes, n’importe quel Limouxin reconnaît la mélodie d’un air de fécos mais il est bien mal à l’aise pour « faire fécos » au son de cette musique. Par contre, que cette même mélodie soit jouée avec l’orchestration de fécos, et voilà que notre Limouxin ne peut plus retenir son élan pour le « pas de fécos ».

à suivre   Jean GARRIGUE 12-02-1987