Les trois présidents du carnaval qui débutera dimanche matin, le 26 janvier avec la sortie officielle des Meuniers, soufflent un vent nouveau sur l’évolution de la tradition.

La tradition reste la tradition mais on peut évoluer» ce sont les premiers mots de Renée Dubedat, 40 ans de bande, coprésidente depuis presque 10 ans du comité qui gère le célèbre carnaval. Elle le dit tranquillement tout en connaissant la sensibilité des Limouxins sur le sujet.

Elle souhaite sans trop faire bouger les lignes : «Faire évoluer quelques habitudes au rythme de la société». «Il y a bien longtemps se rappelle Louis Boulbes, lui-même président du comité, je faisais le goudil devant la bande qui animait la place. Alors que la musique sortait du Grand Café, je me retrouvais déjà, tellement nous étions nombreux,poussé devant la Concorde». À l’époque, il y avait carnaval et les Fêtes de Septembre : «C’est tout». Aujourd’hui, les loisirs se sont démultipliés et les familles ne souhaitent plus sortir à 22 heures alors qu’elles ont mangé et se sont installées devant leur télé». Parmi les suggestions, Renée Dubedat a donc logiquement imaginé avancer la sortie du soir, de 22 heures à 20 heures : «Parce qu’à 22 heures, la place est presque vide et c’est triste. Il est vrai que l’on sort pour se faire plaisir, explique la coprésidente, mais j’estime que carnaval appartient aussi à ceux qui viennent le partager, c’est une communion avec le public d’ici et d’ailleurs». Louis Boulbes, pour sa part, a carrément pensé annuler l’ultime tour de piste : «Et on le rattraperait un autre jour. Il s’agirait de ressortir un autre week-end, en même temps qu’une autre bande». Ces solutions font grand débat parmi les initiés : «On nous a demandés si nous n’étions pas tombés sur la tête» affirment François Feau en souriant, le troisièmemousquetaire de l’évolution carnavalière. Renée Dubedat ne cesse pas pour autant de réfléchir à ce que pourrait être le carnaval de demain. Un Carnaval qui finalement retrouverait quelques douceurs d’antan, avec sa foule dense et son caractère populaire. Parmi ces idées «folles» il y aurait aussi la crémation à 20 heures, une révolution : «On pourrait conclure avec la sortie de toutes les bandes. Le dernier dimanche serait réservé aux bandes, moment festif par excellence qui attire les foules tout au long de la journée jusqu’au soir et la bande à l’honneur conclurait ce jour-là, comme il est de coutume, le carnaval de Limoux par la crémation. La seule différence serait, encore une fois, le nombre de participants.» Les trois mousquetaires de l’évolution seront-ils entendus dans leur volonté de redonner une dimension populaire à la tradition carnavalière limouxine ?